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Écrivain
Poète
Enseignant-chercheur
Docteur en Civilisation de l’Espagne Contemporaine
Il n’est pas de raison plus noble que de répondre
à un besoin de quelque personne qui nous apprécie.
à MLry
« La poésie, certes. Mais aussi un contrat de véridiction entre mes lecteurs et moi. »
C’est dans un trou perdu, entre les traces de chiens errants et la carcasse d’une voiture rouillée qu’au petit matin d’un samedi de décembre dont il ne veut pas se souvenir de l’année que sa mère l’a mis au monde. Il a grandi dans un taudis qui a laissé plus que des marques dans sa chair et dans son esprit. Il a appris à lire, sans trop de motivation. Il a été obligé d’apprendre à écrire. Activité qu’il trouvait absurde tant les dessins lui semblaient plus expressifs qu’une « langue étrangère » qu’il ne connaissait que par l’école, et par autres balbutiements de quelques enfants de son acabit. Il a très vite appris à inventer un monde imaginaire car il n’avait pas d’autre choix que de savoir le faire ; puisque, enfant élève, il devait parfois raconter ses vacances. Or lorsqu’on ne connaît pas un tel privilège, on le crée. Voilà comment Michel Feugain vient à l’écriture, puis surtout à la poésie qu’il estime le meilleur élixir de l’intellect. Il aime à dire qu’il est le poète sinon le disciple du cartésianisme poétique.
C’est aussi un universitaire, un écrivain curieux de tout. Ouvert sur le monde et sa richesse inestimable, insoupçonnée. Michel Feugain a publié avec des poètes espagnols quelques textes dans l’anthologie Salida de emergencia, aux Editions Nososmoscomodos, Madrid, 2004.
On peut trouver des poèmes sur des sites spécialisés en poésie et sur le site de l’Institut Cervantès. Oui des poèmes en langue espagnole car il écrit tantôt en français, tantôt en espagnol, notamment Entre sombra y ceniza, aux Editions Baile del Sol, Tenerife, 2011, et autre recueil traduit du français à l’espagnol –par Erika Cazorla Ortega– notamment Preludio de años inciertos.
Si sa poétique aborde une thématique plurielle, elle est fragmentée à la fois par la convergence de plusieurs cultures, africaines et occidentales. En cela, la plume de Michel Feugain interroge le passé –trouble, très souvent–, le présent –en perte de repères et faisant fi de l’essentiel : l’homme– et le futur où s’écrit le lyrisme le plus profond, doublé d’une crise de l’altérité qui donne une saveur toute particulière à une verve modérée rendue au lecteur aussi bien en prose qu’en vers.
Il y a une part de vérité indéniable dans l’idée que Prélude des années incertaines (Paris, 2012) intéresse particulière par la lucidité dans l’écriture de l’être face à lui-même, de l’être face au monde. Cependant que Pedigree des terres lointaines (Paris, 2009) interroge l’espérance qu’inspirent des écrits alors que tout est tantôt sophistiqué, tantôt abrégé dans une marginalité que révèle la création poétique.
L’agilité créatrice quant à elle s’immisce dans chacune des déchirures qui ombragent l’horizon circonstancié de Pénombre des digues humaines (Paris, 2011), le tout dans un optimisme dont seule est capable la poésie.
Michel Feugain a enseigné et donné des conférences à Madrid, IES Julio Verne de Leganés, à l’université d’Orléans, puis à l’université du Havre. Spécialiste de l’Espagne contemporaine, ses travaux portent à la fois sur le récit et son analyse, le discours et les éléments de cohérences textuelles notamment, l’anaphore, les affiches de propagande, les idées politiques et leurs mécanismes de propagande (cf. thèse sur la II République et la guerre civile espagnole). Son investissement dans la littérature l’emmène à enseigner la littérature du siècle d’or espagnol qu’il affectionne particulièrement ainsi que la civilisation à l’université Catholique de Lille.