Extraits

Ô bonheur dis-moi ton nom
Montre-nous ton visage
C’est toi que nous cherchons
Dans cette vérité de mirage

 In « Quête de bonheur », p. 15

Quand on aime pour le plaisir d’autrui
L’amour devient sincère et gratuit

 In « Quand on aime », p. 19

Dans mon pays dans mon Lagwe
c’est-à-dire dans mon cœur
Une goutte de pluie suffit
pour procurer du bonheur
à ces femmes levées de bonne heure
Pour donner la couleur au monde
Dans mon village perdu
dans le feuillage de ce qui
reste des forêts décimées d’Afrique
la tourterelle attend le soir venu
pour consoler les âmes fouettées
par le soleil pendant le labour
Dans le paysage ensoleillé
de mon étable où gambadent
les chèvres de mon père
le bêlement des animaux
n’est pas un cri de misère
mais la voix enchantée de ma terre
Dans la cour où tous les enfants
du monde sont fils d’une même mère
il y a un parfum divin qui se dégage
du puits où l’eau est limpide comme
le blanc de tes yeux émus et éplorés
devant le mystère de mon Afrique
Laisse ton pays et ses barrières
Viens dans le mien où l’homme
est le bienvenu pour être homme
et fils légitime d’une même mère
Viens prendre la fille de ton choix
et chanter l’amour de vive voix
Mon village est pauvre et riche
Pauvre car comparé à l’utopie
Riche parce que le mien c’est le tien
Ma terre est singulière par sa poussière
Attrayante par ses danses coutumières
Viens t’émerveiller devant le monde
Laisse derrière toi manteaux et fourrures
Chez moi la chaleur vient de la nature
Et nous laissons leur peau aux bêtes
Ils en ont besoin comme l’Afrique
a besoin de toi pour réaliser son rêve
Marquer nos jours par ses caresses de feu

  « Invitation », pp.10-11.

 

Si le Créateur avait donné aux yeux la faculté d’écrire, les textes de ton regard seraient de loin les plus beaux et les plus lus dans le monde. Mais puisqu’il ne leur a donné que le pouvoir de s’exprimer sans recourir au vulgaire usage de la parole écrite, le silence qui t’entoure laisse dans l’air un souffle de poésie qui s’écrit chaque fois que tu clignes des yeux. […]

In « Tes yeux », p. 39